Garder sa motivation à allaiter quand l'hiver s'éternise
Il y a un moment, quelque part entre janvier et mars, où l'hiver commence à peser différemment.
Au début, la saison froide avait quelque chose de cocooning les tétées sous le plaid, la maison bien chauffée, les longues journées intérieures qui donnaient une excuse au ralentissement. Et puis les semaines ont passé. Les nuits se sont accumulées. La fatigue s'est sédimentée en couches de plus en plus épaisses. Et un matin, vous vous êtes réveillée ou vous ne vous êtes pas vraiment réveillée parce que vous n'avez pas vraiment dormi avec cette pensée : est-ce que je vais encore tenir longtemps ?
Ce n'est pas une pensée de maman qui échoue. C'est une pensée de maman qui est épuisée ce qui est très différent.

Comprendre ce qui se passe vraiment
Avant de parler de motivation, il faut nommer ce qui se passe vraiment quand l'hiver s'éternise et que la motivation à allaiter vacille.
Ce n'est presque jamais une seule cause. C'est une accumulation. La fatigue des nuits fragmentées qui s'est installée dans le corps et dans la tête. Le manque de lumière naturelle qui érode l'humeur de façon silencieuse mais réelle. L'isolement relatif de l'hiver qui prive des interactions sociales qui permettraient de relativiser. Parfois une douleur physique non résolue crevasses, engorgement chronique, vasospasme qui rend chaque tétée une épreuve. Et la durée — simplement la durée, qui transforme ce qui semblait gérable en quelque chose qui semble infini.
La motivation à allaiter ne disparaît pas parce que vous n'aimez pas votre bébé ou parce que vous n'êtes pas assez engagée. Elle vacille parce que vous êtes humaine, et que les humains ont des limites même ceux qui aiment profondément.
Les fausses raisons et les vraies raisons
Quand on commence à douter de sa motivation à allaiter en hiver, il est utile de distinguer deux types de raisons.
Les fausses raisons ou plutôt les raisons qui semblent décisives au moment où on les pense mais qui viennent en réalité de la fatigue et du manque de lumière. "Je n'ai peut-être pas assez de lait" alors que la production est normale mais que les tétées de croissance du bébé ont créé une impression de manque. "Bébé semble insatisfait" alors qu'il traverse une phase de développement qui le rend plus demandeur temporairement. "Je suis la seule à ne pas dormir" alors qu'en réalité de nombreuses mamans qui allaitent vivent exactement la même chose.
Ces pensées méritent d'être vérifiées avec une sage-femme, une consultante en lactation, ou simplement avec une amie qui a allaité avant d'en faire une décision.
Les vraies raisons sont différentes. Une douleur physique persistante qui n'a pas été traitée et qui rend chaque tétée une souffrance. Un état de santé mentale préoccupant dépression post-partum, anxiété sévère qui mérite une attention professionnelle indépendamment de l'allaitement. Un besoin réel de retrouver son corps et son autonomie qui est légitime quelle que soit la date. Ou simplement la certitude, posée et réfléchie, que vous avez donné ce que vous pouviez et que le moment est venu de passer à autre chose.
Les leviers pour retrouver de l'élan
Si après avoir examiné les raisons vous choisissez de continuer à allaiter et que c'est ce que vous voulez voici ce qui aide vraiment à retrouver l'élan quand l'hiver s'éternise.
Nommer ce que vous avez déjà accompli change le rapport à la suite. Si vous allaitez depuis deux mois, vous avez traversé la montée de lait, les crevasses des premières semaines, l'apprentissage de la position, les premières sorties avec les tétées en public, les premières nuits. C'est une liste réelle de défis traversés. Les voir, les reconnaître, ne les pas relativiser c'est se rappeler de quoi on est capable, au moment précis où on l'oublie.
Se fixer des objectifs courts plutôt qu'une durée totale est une stratégie que beaucoup de mamans allaitantes trouvent efficace en hiver. "Encore une semaine" plutôt que "jusqu'à six mois". "Jusqu'aux prochaines vacances" plutôt que "jusqu'à la diversification". Ces petits horizons permettent de tenir sans que la durée totale à parcourir écrase.
Résoudre les douleurs physiques non traitées est souvent la clé qui débloque tout. Une crevasse persistante, une mastite mal soignée, une tension chronique dans le dos liée aux positions d'allaitement ces conforts physiques non adressés sapent la motivation bien plus efficacement que n'importe quelle fatigue abstraite. Une consultation avec une sage-femme ou une IBCLC peut transformer radicalement votre expérience en quelques jours.
Le rôle de l'entourage en hiver
L'isolement hivernal aggrave la solitude de l'allaitement et la solitude de l'allaitement aggrave les doutes sur la motivation. C'est un cercle qu'on peut interrompre.
Chercher une communauté de mamans allaitantes en ligne si les sorties sont difficiles en hiver apporte quelque chose qu'aucun guide ne peut remplacer : la preuve en temps réel que d'autres traversent exactement ce que vous traversez. Les groupes Facebook, les comptes Instagram de mamans allaitantes, les associations comme La Leche League ces espaces offrent un miroir et un soutien qui normalisent ce que vous vivez.
Expliquer à votre entourage immédiat ce que vous traversez sans attendre qu'ils le devinent permet souvent de recevoir le soutien concret dont vous avez besoin. Pas de grands discours. Juste dire : "l'allaitement est difficile en ce moment, j'ai besoin de X." La précision du besoin est ce qui rend l'aide possible.
Et votre partenaire s'il est présent a un rôle que vous pouvez lui nommer. Pas allaiter à votre place, évidemment. Mais être là pendant les tétées difficiles. Porter bébé après la tétée pour que vous puissiez vous rendormir. Prendre le relais le matin le week-end. Ces gestes concrets, demandés explicitement, peuvent considérablement alléger le poids de l'hiver.
Prendre soin du corps qui donne
Un des aspects les moins abordés de la motivation à allaiter est le lien direct entre le confort physique de la maman et son désir de continuer.
Allaiter dans l'inconfort avec des vêtements qui ne facilitent pas les tétées, dans des positions qui sollicitent le dos, dans le froid parce que rien ne maintient la chaleur pendant la tétée — use la motivation de façon invisible mais réelle. Ce n'est pas anecdotique. C'est de la physique.
Prendre soin du corps qui donne, c'est aussi prendre soin de la motivation. Un pull en maille d'allaitement qui maintient la chaleur pendant les tétées hivernales. Un débardeur d'allaitement qui garde le ventre couvert en permanence.
Ces pièces ne sont pas du confort superflu. Elles réduisent les frictions physiques qui s'accumulent invisiblement et contribuent à l'épuisement de la motivation.

La question qui mérite d'être posée honnêtement
Il y a une question qu'on n'ose pas toujours se poser parce qu'on a peur de ce qu'elle révèle.
Est-ce que je veux continuer à allaiter ? Pas est-ce que je devrais. Pas est-ce que bébé en a besoin. Est-ce que moi, maintenant, dans ma vie réelle, je veux continuer ?
Cette question mérite une réponse honnête. Pas l'une influencée par la culpabilité, par les injonctions extérieures, par l'idée que "une vraie bonne maman allaite longtemps". Une réponse qui vient de vous de votre ressenti, de votre corps, de votre état mental.
Si la réponse est oui, même un oui fatigué et bancal voici comment tenir. Si la réponse est non, ou un non émergent malgré vos efforts pour l'ignorer voici ce qu'il faut savoir : arrêter d'allaiter n'est pas un abandon. C'est une décision parentale aussi légitime que de continuer. Une maman qui prend soin de sa santé mentale et physique prend soin de son bébé.
Et si la réponse est "je ne sais pas" c'est souvent le signe qu'il faut du soutien pour démêler ce qui relève de la fatigue passagère et ce qui relève d'un besoin réel de changement.
Ce qui aide à traverser les jours difficiles
Certains jours en hiver, la motivation ne se retrouve pas elle se traverse.
Le matin où vous n'avez pas envie. Où la tétée semble longue. Où vous regardez par la fenêtre le ciel gris et que vous pensez à votre corps d'avant, à vos nuits d'avant, à votre vie d'avant. Ces jours-là, il n'y a pas de technique magique. Il y a juste à tenir cette tétée, puis la suivante, puis la suivante.
Et parfois pas toujours, mais parfois quelque chose change dans la tétée elle-même. Bébé lève les yeux vers vous. Ou s'endort si profondément que vous pouvez voir sa poitrine se soulever. Ou attrape votre doigt avec sa main minuscule. Et pour quelques secondes, l'hiver est moins lourd, la fatigue moins dense, la motivation moins vacillante.
Ces secondes ne prouvent rien et ne décident de rien. Mais elles existent, et elles comptent.
La décision qui vous appartient
Si au bout de ce chemin de cet hiver, de ces nuits, de ces doutes vous décidez de continuer, vous avez toute notre admiration pour cette résilience discrète et quotidienne.
Et si vous décidez de vous arrêter de sevrer progressivement ou rapidement, pour des raisons physiques ou mentales ou simplement parce que vous en avez besoin cette décision mérite exactement le même respect. L'allaitement n'est pas une médaille. C'est un choix, qui se fait et se refait, et qui peut se défaire aussi.
Ce que vous avez donné à votre bébé que ce soit trois semaines ou dix mois est réel, permanent, et précieux. Aucun hiver long, aucune nuit difficile, aucun moment de doute ne l'efface.
Chez 23 Mai Paris, on accompagne les mamans dans toutes ces décisions sans juger la durée, sans idéaliser la continuité. Nos t-shirts d'allaitement, nos sweat-shirts et notre nouvelle collection sont pensés pour vous accompagner aussi longtemps que vous allaitez et nos vêtements restent de beaux vêtements bien au-delà.
Découvrez aussi nos débardeurs d'allaitement et nos pulls en maille les pièces qui font du bien au corps qui allaite, par tous les temps.




















